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 La Messe Noire de Gabriel Legué

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Sathiel
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MessageSujet: La Messe Noire de Gabriel Legué   Ven 6 Avr - 19:55

Ce texte est l'une des sources de la ?esse Noire écrite par A. S. LaVey. Intéressant document s'il en est.

"Mme Voisin ne put dissimuler sa satisfaction à la vue de Mme de Montespan, si exacte au rendez-vous nocturne.
La porte refermée, elle s'empressa de dire:

-- Combien je vais être heureuse, madame la marquise, de vous mettre en communication une fois encore avec l'Esprit!

Athénaïs poussa un soupir et frissonna à la terrifiante idée du rite monstrueux.

-- Je n'aurai jamais la force, balbutia-t-elle, de recommencer le sacrifice...

-- Si, madame la marquise, interrompit l'impérieuse devineresse, il vous suffira de penser à l'avenir glorieux qui en sera la récompense.

Et Mme Voisin prit par le bras Mme de Montespan troublée et hésitante. Doucement, avec des OEillets, elle l'emmena à travers le jardin jusqu'au pavillon mystérieux où la devineresse avait coutume de rendre ses oracles.

Elles pénétrèrent dans une salle aux murs recouverts d'épaisses draperies noires.

Au fond, élevé de trois marches, comme en une chapelle ardente, contre une croix blanche brodée dans l'étoffe, un autel s'érigeait. C'était une longue table étroite, sous une étoffe de deuil; dans une sorte de tabernacle, trois crânes humains étaient disposés. De chaque côté de fumée, chargées d'encens, de myrrhe et d'aromates s'évadaient des torchères.

Couché au pied de l'autel, les bras étendus, rigide, un prêtre semblait abîmé dans une profonde méditation. Il était revêtu "d'une chasuble de soie blanche brodée de pommes de pin noires..."

Près de lui, un homme arrangeait sur l'autel les divers objets du culte, allumait des cierges noirs fichés en de hauts chandeliers d'argent.

A gauche, entre l'écartement de deux rideaux, un four entr'ouvert rougeoyait dans la pénombre.

Debout à l'autre extrémité de la pièce, une jeune fille regardait avec étonnement ces préparatifs. C'était Marguerite. Déjà, avant l'arrivée de la marquise et de sa suivante, la devineresse avait prévenu les surprises de sa fille.

-- Mon enfant, avait-elle dit, il ne faudra point t'effrayer de la cérémonie dont tu vas être témoin. Tu devras au contraire me remercier d'avoir voulu t'initier à nos mystères... Bientôt, tu comprendras de quelle occulte puissance dispose ta mère... Et cette puissance, dont je te dévoilerai les secrets lorsque le moment sera venu, tu en disposeras à ton tour. Aie confiance en moi!

Pourtant, la jeune fille, devant l'étrange appareil de cette salle où, jusqu'alors, on lui avait défendu de pénétrer, demeurait en proie à une violente émotion.

C'est dans une deuxième pièce, petite et vide, qu'éclairaient deux flambeaux, et fermée par de hautes tentures, que Catherine Voisin avait ensuite conduit Mme de Montespan et Mlle des OEillets.

La suivante commençait à dévêtir sa maîtresse, qui se laissait faire, sans un mot, sans une révolte de pudeur, sans rien que le tremblement fébrile qui l'agitait toute.

Catherine, exhortait Athénaïs:

-- Du courage, madame!... N'avez-vous pas déjà supporté cette épreuve? C'est pour votre bonheur que nous faisons dire cette messe, plus solennelle que les autres, parce que c'est la dernière, conformément à l'occulte rite... Astaroth, Asmodée et les autres Princes des Ténèbres agréeront votre beauté et vous mèneront à la gloire! Du courage, madame!

Mlle des OEillets sortit un instant et revint.

-- Les préparatifs sont achevés, dit-elle à Catherine.

Alors, Mme Voisin, pour donner plus d'éclat encore à la cérémonie, revêtit le somptueux costume qui émerveillait tant sa clientèle. Quand elle se fut couverte de l'impérial manteau de velours cramoisi, elle murmura à l'oreille de la marquise:

-- Hâtons-nous, madame, L'heure est propice aux nocturnes incantations.. Venez!

Pareille à quelque antique prêtresse d"Aphrodite, le visage masqué seulement d'un loup noir, Athénaïs de Mortemart apparut dans tout l'éclat de sa radieuse beauté.

Des cheveux d'or fauve, en lourdes torsades, tombaient jusqu'aux chevilles, illuminant cette admirable statue de chair.

Le col, un peu long, émergeait comme une fine colonnette d'entre les épaules éblouissantes de blancheur, et les seins s'érigeaient, orgueilleux et fermes.

Le prêtre - l'abbé Guibourg - avait quitté sa pose extatique et se tenait maintenant debout au pied des marches.

Catherine Voisin conduisit Athénaïs jusqu'à l'autel.

Et la fière Montespan, sacrifiant tout à son ambition, se coucha devant le prêtre, "les jambes pendantes d'un côté et de l'autre, la tête appuyée sur un coussin de velours noir frangé d'argent." Et parmi les ornements sombres du sanctuaire, les reflets pâles des torchères, des cierges et des trépieds, son beau corps resplendit...

Sur la poitrine de la marquise, l'abbé Guibourg plaça un crucifix d'ivoire, et sur le ventre, il étendit un large parchemin qu'il recouvrit d'un corporal de fine toile de lin.

C'est là qu'il déposa le calice d'or.

Marguerite, attentive au fond de la salle, ne pouvait détacher ses yeux d'un tel spectacle. Puis un étrange cantique se fit entendre, où revenaient en litanies d'effroyables supplications au démon.

Une clochette au son clair tinta. Le chant cessa. La parodie infâme commença.

Agenouillée près de l'autel, la devineresse remplissait l'office de clerc:

-- In nomine Astaroth et Asmodei et Beelzébuth. Introibo al altare omnipotentis principis spirituum, prononça le prêtre.

Qui laetificat juventutem et cupidates nostras, répondit le clerc.

-- Quia tu es Lucifer omnipotens, emitte lucem tuam et afflige inimicos, continua l'officiant.

C'était un chuchotement dans la troublante solennité de cette salle lugubre.

Pendant ce temps, Lesage s'avança jusqu'au four qui crépitait, et l'ouvrit entièrement. Des flammes s'allongèrent, des étincelles jaillirent, et ce fut comme une gerbe aveuglante d'escarboucles et de rubis. Un long rai de lumière illumina l'autel vivant, dessinant avec une incomparable netteté les lignes de ce corps merveilleusement beau; et, fantomatique, le prêtre passa et repassa, se courba, baisa le corporal de ses lèvres sacrilèges, puis se releva et prononça les secrètes paroles du rite démoniaque.

.........................................................

Cependant, le moment de la consécration était venu.

Une portière se souleva, et une femme apparut, tenant dans ses bras un enfant qu'elle présenta au prêtre.

Ses petits yeux agrandis par l'effroi, la frêle créature cria et se débattit un instant entre les mains de l'officiant. Mais celui-ci, sans s'émouvoir, l'élava au-dessus du calice et prononça lentement ces mots:

-- Astaroth! Asmodée! je vous conjure d'accepter le sacrifice que je vous présente de cet enfant, pour la chose que je vous demande!

A ce moment, la Voisin s'approcha et tendit au prêtre un long couteau. D'une main, Guibourg tint l'enfant suspendu, et, de l'autre, comme en proie à une sorte de frénésie, il plongea si violemment le fer meurtrier dans la gorge de l'innocente victime, qu'on n'entendit même pas un faible gémissement.

Le sang gicla de la plaie béante, ruissela dans l'or du calice, tacha de pourpre le corps d'Athénaïs.

Pâle d'horreur, elle sentit couler sur sa chair la tiède liqueur de vie; Marguerite poussa un cri; elle ne put contempler plus longtemps la terrifiante cérémonie; elle s'évanouit.

Et le prêtre, impassible, regardait le sang couler. Quand le calice fut plein, il remit le frêle holocauste à la Voisin, qui l'emporta vers le four et l'y précipita.

Alors, le visage comme transfiguré, Guibourg saisit le calice et proféra les paroles sacramentelles de la consécration...

-- Hic est enim calix sanguinis mei...

Trempant ses doigts dans le vase sacré, il aspergea l'autel du sang de l'enfant. Après quoi, il dit:

-- Initium sancti Evangelii secundum Joannem, puis il continua l'évangile selon saint Jean, en intervertissant l'ordre des mots du texte, ainsi que le prescrivait le rite démoniaque. Quant il fut arrivé à ce passage: Et verbum caro factum est, il dit:

-- Et caro verbum facta est.

Catherine répondit:

-- Gloria vobis Beelzébuth et Astaroth.

Et, prenant le parchemin qu'il avait placé sous le corporal, Guibourg lut à haute voix: -- Je (ici l'officiant prononça assez bas: Françoise-Athénaïs de Mortemart, marquise de Montespan) demande l'amitié du Roy et celle de Monseigneur le Dauphin, et qu'elle me soit continuée... Que la Reine soit stérile... Que le Roy quitte son lit et sa table pour moi et mes parents!... Que mes serviteurs et domestiques lui soient agréables! Chérie et respectée des grands seigneurs, que je puisse être appelée aux conseils du Roy et savoir ce qui s'y passe! Et que cette amitié, redoublant plus que par le passé, oblige le Roy à quitter et à ne plus regarder Fontanges, et que la Reine étant répudiée, je puisse épouser le Roy.

La marquise, sans un tressaillement, avait écouté les vœux criminels formulés en son nom par le prêtre.

-- Ite missa est, dit Guibourg, après un silence.

-- Lucifero gratias, ajouta Catherine.

La messe était achevée.

Le prêtre descendit les marches de l'autel, et Mme de Montespan, effroyablement pâle, se releva.

Aidée de la devineresse et de Mlle des OEillets, elle fit disparaître le sang qui la souillait, se rhabilla à la hâte, remit à Catherine une bourse remplie d'or, puis sans forces, elle sortit, appuyée au bras de sa suivante.

Devant le pavillon, Lesage et Romani les attendaient.

Au fond du jardin, une petite porte basse s'ouvrait sur la rue de la Lune. C'est par là que les deux hommes, chacun un flambeau à la main, les accompagnèrent jusqu'à la Porte Saint-Denis, où stationnait le carrosse de la marquise."
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MessageSujet: Re: La Messe Noire de Gabriel Legué   Sam 7 Avr - 2:10

De qui est-il ?
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Sathiel
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MessageSujet: Re: La Messe Noire de Gabriel Legué   Sam 7 Avr - 9:53

Ce texte provient du livre: La Messe Noire du Dr. Gabriel Legué - Chapitre XV - publié en 1903.
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MessageSujet: Re: La Messe Noire de Gabriel Legué   Aujourd'hui à 23:06

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